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Face à la concurrence des autres institutions et des médias, les musées et monuments historiques doivent innover pour attirer et fidéliser les publics, diffuser les connaissances et les partager, valoriser leurs ressources.
Les technologies numériques leur offrent de multiples opportunités tant pour transformer leurs modes de travail et d'organisation que pour faire évoluer leurs systèmes de diffusion et d'échanges avec les visiteurs.
L'exposé (accessible sur Slideshare.net) présente de nombreux exemples d'innovations numériques dans des musées français et étrangers, dans des monuments et trace des perspectives pour le futur.
Cette conférence a été donnée, le mardi 13 octobre 2009, dans le cadre du séminaire "Le numérique au musée", "La Novela", 1er festival des savoirs, musée des Augustins, Toulouse
La fréquentation du site web officiel d'une exposition présentée dans un musée décroit naturellement une fois la manifestation terminée.
La création d'un album d'images commentées sur Flickr, en relation avec l'exposition et en complément du site officiel, permet au contraire de maintenir l'intérêt pour les objets de l'exposition et de multiplier les échanges avec les publics.
L'exposé (accessible sur Slideshare.net) présenté par l'auteur lors du séminaire "web2 et musées", le vendredi 16 octobre 2009, analyse les résultats obtenus entre 2007 et 2009 à l'occasion de l'exposition "Trésors du quotidien ? Europe et Méditerranée" du musée des civilisations de l'Europe et de la Méditerranée (MuCEM).
Pour l'image d'un objet de cette exposition, la probabilité moyenne d'être consultée
sur Flickr est 10 fois supérieure à celle d'un site officiel,
notamment sur la base Joconde des musées de France. Flickr est en effet un des plus grands sites mondiaux de partage d'images, il comprend plus de 3.000.000.000 d'images et chaque image bénéficie d'un excellent référencement sur les moteurs de recherche si elle a été indexée correctement.
Le séminaire a été organisé, avec le soutien du musée du Louvre, par le museum de Toulouse et le Centre Erasme-Museolab
voir le site de l'expo sur le site de partage Flickr
A l’occasion de la donation au Centre National du Costume de Scène (Cncs) par la Fondation Rudolf Noureev d’une très importante collection de documents, d’objets, de mobiliers, d’oeuvres d’art, de costumes… ayant appartenu au célèbre danseur et chorégraphe et en préfiguration du «lieu de mémoire Rudolf Noureev» qui sera installé dans les locaux du Centre à Moulins, le Cncs et la Fondation Rudolf Noureev présentent, jusqu'en novembre 2009, l’exposition «Rudolf Noureev, 1938 – 1993, la trame d’une vie», qui évoque, à travers photographies, costumes, maquettes…la vie du danseur et de ses ballets.
La beauté des costumes et la notoriété des danseurs (Rudolf Noureev et ses partenaires : Margot Fonteyn, Carla Fracci, Noëlla Pontois,..) qui les ont portés pour interpréter les grandes pièces du répertoire classique (Le Lac des Cygnes, Casse-Noisette, La Belle au bois Dormant, Raymonda, La Bayadère, Marguerite et Armand, etc) sont les grands atouts de cette exposition.
Les amateurs de danse classique en sortent enchantés car ils ont pu revivre les moments d'émotion intense liés aux ballets qu'ils ont vus mille fois (la salle présentant sur un immense écran l'acte des Ombres de la Bayadère est une magnifique trouvaille muséographique). Il n'est pas certain que des visiteurs moins cultivés y soient aussi sensibles malgré les efforts des muséographes pour contextualiser les costumes, soigner leur éclairage, évoquer les spectacles avec la diffusion de quelques extraits musicaux, présenter des photographies (trop peu nombreuses, à mon avis) et diffuser trois heures de films sur l'oeuvre de Rudolf Noureev dans l'auditorium du CNCS (au demeurant, des films d'archives de mauvaise qualité et peu audibles mais peut-être est-ce la faute du projecteur ou de son réglage déficient ?)
On oublie encore trop souvent dans les milieux professionnels des musées que la culture d'un visiteur est un capital qui s'accumule et que les oeuvres seules ne parlent qu'à ceux qui en connaissent l'origine, le contexte de leur création et qui savent en déchiffrer les interelations.
Certes, les cartels et documents d'aide à la visite, les guides papier, les animations ou les visites guidées apportent les éléments d'information qui pourraient manquer à certains visiteurs mais leur disponibilité se heurte souvent à des problèmes matériels ou budgétaires.
A coté de ces offres traditionnelles, il faut que les institutions s'efforcent de fournir des explications permanentes, sous une forme plus moderne, à proximité des oeuvres originales.
Les anglo-saxons ont moins de difficultés que les français à l'admettre et n'hésitent pas à installer dans les musées des centres d'interprétation dont le but est informatif et pédagogique mais il ne s'agit pas nécessairement d'importantes et complexes installations. Aujourd'hui, ce concept, peu appliqué dans les musées artistiques de notre pays, peut pourtant prendre des formes très légères grâce aux technologies numériques. La rénovation réussie du musée de la musique à Paris est à donner en exemple.
Les dispositifs multimédias offrent aujourd'hui aux muséographes un grand nombre de possibilités, leur permettant d'apporter de manière interactive des données complémentaires, de faire voir des images, des dessins, des films et de personnaliser les réponses apportées aux questions des visiteurs en tenant compte de leurs langues, ou de leurs besoins spécifiques (handicaps). Ces outils peuvent se faire discrets, être répartis dans une exposition, tout en étant organisés en réseau pour en faciliter la gestion et l'actualisation.
Le CNCS aurait pu les utiliser par exemple en mettant dans les vitrines ou à proximité de petits écrans numériques diffusant des photographies, des dessins ou des extraits de films des danseurs portant les costumes exposés. Des extraits sonores plus nombreux auraient pu être rendus accessibles, via des casques ou d'autres systèmes d'écoute (hauts parleurs directifs, cloches sonores), pour diffuser des interviews d'artistes ou des créateurs des costumes. Un audioguide multimédia (payant ou gratuit) aurait pu, a minima, apporter ce type d'informations.
Le motif invoqué par les institutions culturelles artistiques pour justifier leur frilosité en matière de médiation numérique est souvent lié à des questions financières ou à l'absence de compétences internes, toutefois l'examen des emplois des institutions et de ses budgets montre souvent que les priorités des conservateurs ont été différentes et se sont portées sur l'écrit traditionnel, jugé plus valorisant pour leurs carrières et la présence d'écrans à coté des oeuvres originales est souvent refusée a priori.
Le CNCS a encore l'excuse de sa jeunesse mais sa situation géographique excentrée et ses missions très particulières l'obligent à innover pour attirer les visiteurs qui ne sont pas tous des amateurs de danse classique.
Enfin, la facilité de l'accès à distance sur le web aux informations et aux données est devenu un élément capital dans la politique de communication et de diffusion des institutions culturelles. Le CNCS a ouvert un site web très réussi sur le plan esthétique (voir plus haut), réalisé par une société parisienne de talent, mais qui a le défaut d'être entièrement fabriqué en Flash. La technologie employée ne remplit pas les conditions d'accessibilité imposées aux services publics sur le web, entre autres difficultés, les textes ne sont ni copiables, ni traitables par une machine de traduction en braille et le site n'est probablement pas très commode à actualiser. Une autre solution technique aurait été préférable mais dans la situation présente la réalisation d'un site parallèle en html apparaît indispensable.
Dernière difficulté pour les possesseurs d'iphone, le site du Cncs en flash n'est pas lisible mais dans ce cas, c'est la politique d'Apple qui est en cause et pas celle du Centre ! Néanmoins, les institutions culturelles doivent aussi se préoccuper de leur visibilité sur les téléphones portables modernes qui bientôt seront les terminaux d'accès au web les plus répandus et dont l'utilisation par les visiteurs et les touristes va devenir systématique.
La "Punta della Dogana" a été aménagée par l'architecte japonais Tadao Ando à la demande de François Pinault pour étendre les espaces d'exposition de sa collection d'art contemporain qui se trouve depuis 2006 à Venise au Palazzo Grassi. La fondation a obtenu la concession pour 33 ans de ce bâtiment historique. Le bâtiment, rénové en un temps record pour Venise, a été inauguré en juin 2009, il a une superficie de 5.000 m2, sa restauration et son aménagement ont coûté 20 M€ (selon les informations officielles mais son coût est probablement beaucoup plus élevé).
L'aménagement est remarquable et, à mon avis, beaucoup plus réussi que celui du Palazzo Grassi, un bâtiment baroque aux espaces très contraints.
L'architecte est parvenu à maintenir une grande cohérence entre le bâtiment historique (à l'origine de simples entrepôts) et les installations modernes muséographiques. Le traitement des matériaux : briques, bois de la charpente, béton spécial très fin, sols, systèmes techniques et de climatisation est particulièrement soigné, les teintes sont dans une harmonie parfaite.
L'éclairage associe la lumière de projecteurs à celle du jour qui rentre par des ouvertures du toit et surtout les fenêtres qui donnent d'un coté sur le grand canal et de l'autre sur le canal de la Giudecca. Cette double ouverture sur l'eau est un des atouts majeurs de ce bâtiment que l'architecte a su exploiter.
La première exposition est intitulée "Mapping the studio" Les photos y sont interdites et les agents de surveillance très vigilants, c'est à dire qu'il faut acheter le catalogue de 60 € pour en savoir plus sur la collection.
Une partie importante des oeuvres présentées est plutôt difficile à percevoir sans l'audioguide (un audioguide traditionnel réalisé par Antenna Audio et d'un coût de 5€ qui s'ajoute au prix du billet).
Certaines oeuvres sont provocatrices et même choquantes par leur vulgarité (Paul McCarthy) ou leur violence extrème (Jake & Dinos Chapman), d'autres sont heureusement plus fréquentables (Takashi Murakami, Maurizio Cattelan, Cindy Sherman, Sigmar Polke,.. ) voire simplistes mais très rémunératrices pour l'auteur comme celles de Jeff Koons.
Alors qu'il est devenu habituel dans les expositions d'art contemporain de compléter le cartel d'un bref commentaire, le choix des conservateurs-commissaires a été de laisser les oeuvres "parler' d'elles-mêmes, ce qui rend l'exposition plutôt obscure dans ses choix esthétiques et en donne une image élitiste. Mais l'exposition présente une collection privée, pas celle d'une institution publique qui a des missions à accomplir vis à vis des contribuables, le propriétaire peut faire ce qu'il veut.
www.palazzograssi.it/
Présentation de la nouvelle version du site web sur la grotte de Lascaux
Originally uploaded by dalbera.
La nouvelle version du site web sur la grotte de Lascaux, produit par la mission de la recherche et de la technologie et la sous-direction chargée de l'archéologie du ministère de la culture, a été présentée début juillet 2009.
L'adresse du nouveau site est :
www.lascaux.culture.fr/
Cette publication multimédia fait partie de la collection sur les grands sites archéologiques qui a été inaugurée en 1996 avec un site sur la grotte de Tautavel.
www.culture.fr/culture/arcnat/fr/
Lors de la présentation de Lascaux version 2, deux des quatre "inventeurs" (découvreurs) de la grotte de Lascaux (Georges Agniel, Simon Coencas, Marcel Ravidat, Jacques Marsal) avaient fait le déplacement à Paris pour assister à l'évènement. Sur la photo, ils sont en discussion avec Jean-François Chaintreau, à gauche et Thomas Sagory (chef de projet multimédia à la MRT) à droite.
La première version du site web, publiée en 1998, vient d'être remplacée, elle avait reçu un Webby Award en 2000 et a été consultée par plus de 10.000.000 de visiteurs.
Pour mémoire : les photos de la manifestation présidée par Catherine Tasca, la Ministre de la culture de l'époque :
dalbera.club.fr/webby_award_web/index.htm
"Féminin, Masculin"
Histoires de couples et construction du genre
Le nouveau site de la collection "Recherches ethnologiques", produite par la mission de la recherche du ministère de la culture en collaboration avec le département multimédia du MuCEM, présente les résultats des recherches et collectes menées par le MuCEM en Europe et en Méditerranée sur le thème de la construction du genre.
Des changements profonds ont affecté, ces dernières décennies, le rôle des femmes et des hommes dans la société. Et pourtant des représentations qui tendent à stigmatiser l'un et l'autre sexe perdurent, comme si l'identité construite autour de l'appartenance à un sexe était une forme première de distinction à l'intérieur du genre humain.
www.femininmasculin.culture.fr
Ce site est la 9 ème publication de la collection "Recherches ethnologiques"
www.ethnologie.culture.fr
Sur la photo, un détail de l'autoportrait d'Albrecht Dürer, peinture du Musée du Prado (Madrid) présentée sur Google Earth en HD dans le musée, lui-même modélisé en 3D !
L'image est zoomable en continu jusqu'au plus petit détail et aux craquelures de la peinture.
A voir absolument. Une initiative de plus de Google qui nous impressionne à nouveau par ses innovations culturelles.
En France, au Centre de recherche et de restauration des musées de France,
www.c2rmf.fr/
on fait aussi bien depuis longtemps.
A la fin des années 90, Christian Lahanier, un ingénieur de ce centre du ministère de la culture a le premier réalisé des images numériques d'oeuvres d'art en HD grâce à un financement européen, mais le ministère n'a jamais su valoriser les résultats à la manière de Google. On a préféré les publications savantes que bien peu de gens ont pu lire ou des cédéroms édités qui ne se sont pas vendus.
Si vous avez le temps, regardez la base Narcisse, on y trouve toujours des merveilles mais elle ne sont guère mises en valeur avec les outils informatiques actuels du ministère de la culture.
Dommage pour le travail de pionnier des scientifiques de ce laboratoire public !.
La compagnie de Raghunat Manet a présenté, en décembre, un spectacle musical et chorégraphique, destiné au grand public dans l'auditorium de l'Institut du Monde Arabe (IMA) à Paris.
La virtuosité de Raghunath Manet, de sa danseuse partenaire et de ses musiciens s'y exprime avec brio.
Très différent de son spectacle de 2006 au musée Guimet, plus réservé à un public averti
www.flickr.com/photos/dalbera/318401859/
ce show très scénographié, allie une chorégraphie enlevée, respectueuse du style Bharata Nâtyam, et des prouesses musicales, en particulier lors du final très réussi où R. Manet dialogue avec ses percussionnistes en utilisant son corps et sa voix.
Certaines innovations ont pu choquer les amateurs de classicisme : des compositions musicales simplistes faites pour séduire un public occidental peu connaisseur, l'utilisation d'un synthétiseur et d'un saxophone aux sonorités décalées par rapport au style musical, et surtout la très mauvaise qualité du son amplifié dans l'auditorium de l'IMA.
Raghunath Manet sauve le spectacle par son talent exceptionnel de musicien et de danseur mais pourrait améliorer cette représentation en étant plus exigeant sur la qualité sonore.
La musique indienne traditionnelle est par nature intimiste, elle n'est guère adaptée aux grandes salles sauf si les artistes basculent dans le show bollywoodien, un pas que Raghunath Manet semble ne pas vouloir franchir et on s'en réjouit.
Tout en discrétion, ce buste (auto-portrait) de Jeff Koons, en marbre blanc, le présente en éphèbe cristallin dans le Salon d'Apollon, dédié au Roi Soleil, dans les grands Appartements du Château de Versailles.
C'est une des oeuvres exposées à l'occasion de l'exposition consacrée à l'artiste, qualifié de postpop, auquel le Président de l'établissement a mis à disposition les espaces les plus prestigieux du Château.
"Mon art et ma vie ne font qu'un. J'ai tout ce que je désire et je fais ce qui me plaît. Je dispose d'une tribune, j'ai l'attention du public, je peux faire entendre ma voix. C'est le temps de Jeff Koons". Des propos de Jeff Koons, rapportés dans Beaux-Arts Editions, exposition Jeff Koons Versailles qui trahissent une grande modestie.
Selon le Commissaire de l'exposition (Beaux-Arts Editions déjà cité), Koons est un homme "vraiment humble", "qui ne joue pas de son statut de star". On ne dit pas quel est son cachet pour cette exposition provocante mais on apprend qu'elle a coûté 2.000.000 €, certes payés en partie par François Pinault, le milliardaire collectionneur (des oeuvres de Jeff Koons).
Il faut arrêter de calomnier les défenseurs des arts et s'imaginer qu'ils agissent comme des banquiers ne pensant qu'à faire fructifier leurs biens. Tout ça c'est pour l'art et la délectation des visiteurs du Château de Versailles.
Voir l'album : http://www.flickr.com/photos/dalbera/sets/72157607390224531/





