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La "Punta della Dogana" a été aménagée par l'architecte japonais Tadao Ando à la demande de François Pinault pour étendre les espaces d'exposition de sa collection d'art contemporain qui se trouve depuis 2006 à Venise au Palazzo Grassi. La fondation a obtenu la concession pour 33 ans de ce bâtiment historique. Le bâtiment, rénové en un temps record pour Venise, a été inauguré en juin 2009, il a une superficie de 5.000 m2, sa restauration et son aménagement ont coûté 20 M€ (selon les informations officielles mais son coût est probablement beaucoup plus élevé).
L'aménagement est remarquable et, à mon avis, beaucoup plus réussi que celui du Palazzo Grassi, un bâtiment baroque aux espaces très contraints.
L'architecte est parvenu à maintenir une grande cohérence entre le bâtiment historique (à l'origine de simples entrepôts) et les installations modernes muséographiques. Le traitement des matériaux : briques, bois de la charpente, béton spécial très fin, sols, systèmes techniques et de climatisation est particulièrement soigné, les teintes sont dans une harmonie parfaite.
L'éclairage associe la lumière de projecteurs à celle du jour qui rentre par des ouvertures du toit et surtout les fenêtres qui donnent d'un coté sur le grand canal et de l'autre sur le canal de la Giudecca. Cette double ouverture sur l'eau est un des atouts majeurs de ce bâtiment que l'architecte a su exploiter.
La première exposition est intitulée "Mapping the studio" Les photos y sont interdites et les agents de surveillance très vigilants, c'est à dire qu'il faut acheter le catalogue de 60 € pour en savoir plus sur la collection.
Une partie importante des oeuvres présentées est plutôt difficile à percevoir sans l'audioguide (un audioguide traditionnel réalisé par Antenna Audio et d'un coût de 5€ qui s'ajoute au prix du billet).
Certaines oeuvres sont provocatrices et même choquantes par leur vulgarité (Paul McCarthy) ou leur violence extrème (Jake & Dinos Chapman), d'autres sont heureusement plus fréquentables (Takashi Murakami, Maurizio Cattelan, Cindy Sherman, Sigmar Polke,.. ) voire simplistes mais très rémunératrices pour l'auteur comme celles de Jeff Koons.
Alors qu'il est devenu habituel dans les expositions d'art contemporain de compléter le cartel d'un bref commentaire, le choix des conservateurs-commissaires a été de laisser les oeuvres "parler' d'elles-mêmes, ce qui rend l'exposition plutôt obscure dans ses choix esthétiques et en donne une image élitiste. Mais l'exposition présente une collection privée, pas celle d'une institution publique qui a des missions à accomplir vis à vis des contribuables, le propriétaire peut faire ce qu'il veut.
www.palazzograssi.it/
Tout en discrétion, ce buste (auto-portrait) de Jeff Koons, en marbre blanc, le présente en éphèbe cristallin dans le Salon d'Apollon, dédié au Roi Soleil, dans les grands Appartements du Château de Versailles.
C'est une des oeuvres exposées à l'occasion de l'exposition consacrée à l'artiste, qualifié de postpop, auquel le Président de l'établissement a mis à disposition les espaces les plus prestigieux du Château.
"Mon art et ma vie ne font qu'un. J'ai tout ce que je désire et je fais ce qui me plaît. Je dispose d'une tribune, j'ai l'attention du public, je peux faire entendre ma voix. C'est le temps de Jeff Koons". Des propos de Jeff Koons, rapportés dans Beaux-Arts Editions, exposition Jeff Koons Versailles qui trahissent une grande modestie.
Selon le Commissaire de l'exposition (Beaux-Arts Editions déjà cité), Koons est un homme "vraiment humble", "qui ne joue pas de son statut de star". On ne dit pas quel est son cachet pour cette exposition provocante mais on apprend qu'elle a coûté 2.000.000 €, certes payés en partie par François Pinault, le milliardaire collectionneur (des oeuvres de Jeff Koons).
Il faut arrêter de calomnier les défenseurs des arts et s'imaginer qu'ils agissent comme des banquiers ne pensant qu'à faire fructifier leurs biens. Tout ça c'est pour l'art et la délectation des visiteurs du Château de Versailles.
Voir l'album : http://www.flickr.com/photos/dalbera/sets/72157607390224531/
Le centre culturel de Belém a été édifié par les architectes Vittorio Gregotti et Manuel Salgado. Il comprend des commerces, des salles de spectacle et depuis fin 2006, le musée d'art moderne et contemporain Colecçao Berardo.
José Berardo est un des plus riches hommes d'affaires du Portugal.Il multiplie les collections en particulier en art moderne et contemporain.
Il possède des oeuvres majeures de Picasso, Miro, Dali, Bacon, Warhol,..et a ouvert un musée de 10.000 m2 dans le centre culturel de Belém.
Le français J.F. Chougnet en est le directeur depuis janvier 2007.
Le musée est ouvert tous les jours de la semaine et il est gratuit. Il est permis aux visiteurs de faire des photographies des oeuvres, destinées à un usage personnel, ce qui est exceptionnel dans un musée d'art contemporain.
voir l'album photographique de l'auteur sur Flickr
http://www.flickr.com/photos/dalbera/sets/72157602201975025/
Le Grand Palais accueille le premier artiste : Anselm Kiefer de la manifestation annuelle Monumenta, lancée par le ministère de la culture
http://www.monumenta.com/2007/
L'exposition, est au premier abord difficile et élitiste, mais elle se révèle passionnante dès qu'on s'y trouve et mérite une visite approfondie tant la personnalité de l'artiste est hors du commun (déprimés s'abstenir !)
Les audioguides réalisés par Antenna Audio sont gratuits et très bien faits. Chaque oeuvre est largement commentée et fait l'objet de discours et témoignages complémentaires qui permettent de comprendre les motivations de l'artiste.
De nombreux jeunes médiateurs, historiens de l'art, ont été recrutés par le Palais de Tokyo (on ne vantera jamais assez les mérites de ses fondateurs) et apportent des explications, vivantes et de grande qualité.
Bref, il ne faut pas manquer ce rendez-vous !
Mes photos de l'exposition sont sur Flickr, quasiment libres de droit, elles sont toutes documentées et de meilleure qualité que celles du site officiel de l'exposition :-)) qu'il faut quand même aller consulter
http://www.flickr.com/photos/dalbera/sets/72157600359011759/
Un nouveau site culturel de l'auteur vient d'être mis en ligne :
http://adalbera.free.fr/artsenat/index.html
Il présente des installations et des sculptures contemporaines actuellement visibles dans le jardin du Luxembourg dans le cadre d'Artsénat 2007.
Photographie : Laure de Noves, installation de Gérard Pestmal, 2006
pour Art Sénat : "Femme, y es-tu ?" dans le jardin du Luxembourg à Paris
Artsénat, événement annuel organisé par le Sénat, accentue sa volonté de promouvoir l'art vivant. A la fin du printemps, une double exposition d'art contemporain se tient chaque année à l'orangerie du Sénat et dans le jardin du Luxembourg. Une personnalité se voit confier une "carte blanche" pour présenter un parcours original privilégiant les courants les plus variés de la création contemporaine.
En 2007, deux femmes ont accepté l'invitation d'Artsénat et proposent une exposition conçue en trois parties - l'espace d'exposition dans l'orangerie, les groupes de sculptures dans le jardin, et un événement autour des statues des reines de France - "intitulée Femme y es-tu" ? Iléana Cornéa, philosophe et critique d'art, et Laurence d'Ist, historienne d'art, convient 45 artistes français et étrangers à s'exprimer sur diverses représentations de l'identité féminine.




